Mars 2008
Pierre Ginioux est chargé de mission pour les partenariats artistiques et culturels à l’IUFM de Créteil. Il répond aux questions de Sandra Vié, chargée de communication de la CDIUFM, sur les actions menées à l’IUFM.
L’existence à l’IUFM d’une mission « arts et culture » peut sembler paradoxale dans la mesure où la culture est l’affaire de tous les formateurs d’un IUFM et où, de plus, certains sont spécifiquement en charge des arts. En fait, ma tâche consiste à faciliter les relations de l’ensemble des formateurs avec les structures artistiques et culturelles. Mon action se situe en direction de ces collègues et, en tant que de chargé de mission, je n’interviens pas directement auprès des stagiaires dans les formations. C’est pourquoi je préfère parler de mission « pour les partenariats artistiques et culturels ».
Les actions menées par la mission à l’IUFM de Créteil sont très imbriquées, mais, pour faire simple, on peut les classer en trois types selon le lieu de ces actions.
Le premier lieu est celui du cadre habituel de la formation : la
salle de cours. Je propose une aide logistique et financière
permettant l’intervention de structures artistiques et culturelles à
la demande du formateur : intervention de danseurs ou de chorégraphes
en cours d’EPS, de metteurs en scène ou d’écrivains dans le cours de
lettres... Mon rôle principal est ici de décharger le formateur de
tâches administratives ou comptables. Ce n’est pas la partie la plus
excitante de ma mission mais elle occupe pas mal de temps.
Quand un
artiste intervient sur une plus longue durée ou en continu sur
l’année, cela se traduit en général par une convention. Nous venons
par exemple d’en signer une avec le Centre national de la danse de
Pantin pour des actions sur notre site de formation de
Seine-Saint-Denis. Pour financer certaines de ces actions, nous
pouvons avoir une aide de la DRAC, sous forme de convention également.
Le deuxième lieu est celui de la structure culturelle extérieure.
Il s’agit de permettre aux stagiaires de fréquenter le plus assidûment
possible un lieu culturel ou artistique majeur. Nous avons ainsi des
conventions avec plusieurs musées importants : le Louvre, le Centre
Pompidou, le MAC/VAL, qui est un musée très dynamique d’art
contemporain dans l’académie, le musée du quai Branly.
Dans tous les
cas, il s’agit d’abord de faciliter le déroulement des actions de
formation dans ces lieux : cela passe par exemple par l’obtention de
la gratuité d’entrée pour les groupes de stagiaires en formation ainsi
que par un dispositif spécifique de réservation de visite pour nos
groupes qui nous donne une priorité pour accéder au planning de
réservation des ces musées. Pour les formateurs, l’intervention dans
ces structures culturelles est donc facilitée.
Au Louvre, où ce
dispositif concerne les trois IUFM d’Île-de-France et où, de plus,
l’ensemble de nos stagiaires accède gratuitement aux collections et
aux expositions temporaires sur présentation de la carte
professionnelle IUFM (le logo du Louvre figure au verso de cette
carte), cela a considérablement accru le nombre de visites de nos
groupes.
Avec mes homologues de Paris et de Versailles nous organisons
à destination des formateurs des visites d’expositions guidées par un
conférencier, voire par le commissaire. Il s’agit de permettre à ces
formateurs d’apprécier l’intérêt éventuel de l’exposition pour leurs
stagiaires. La dernière en date de ces visites était celle de
l’exposition Benjamin Franklin au Musée des Arts et Métiers.
Le troisième domaine d’action est celui qui consiste à organiser
des actions de médiation culturelle à l’IUFM mais en dehors du cadre
strict de la formation, de ses horaires et de la classique salle de
cours. Il s’agit en quelque sorte de l’utilisation des lieux « publics
» de l’IUFM. L’Orchestre national d’Île-de-France donne par exemple
cette année six concerts dans les différents sites de formation de
l’IUFM : Mozart, Debussy et Lindberg, un compositeur contemporain,
sont au programme. Ces concerts se déroulent avec l’appui du collège
disciplinaire « Musique » mais en amphithéâtre et commentés par un
médiateur de l’orchestre. Tous les stagiaires ainsi que les formateurs
sont invités. Ces concerts, dont c’est la deuxième saison, sont de
grands moments de plaisir et connaissent un réel succès. Les collègues
de musique peuvent se réapproprier ultérieurement ces moments dans le
cadre de leur formation mais il s’agit aussi d’inciter les stagiaires,
dont beaucoup ont peu de connivence avec la musique classique, à se
rendre ensuite au « vrai » concert.
Dans le même esprit, la Maison des
Arts de Créteil vient présenter des « bandes-annonces » de certains de
ces spectacles. L’amphithéâtre est aussi le lieu de conférences ouvert
à l’ensemble des usagers de l’IUFM : conférences scientifiques par
exemple (la dernière en date portait sur « L’art contemporain et les
sciences »), conférences de présentation du fonctionnement des
services pédagogiques de musées... La difficulté principale pour mener
ces actions est celle du choix du créneau horaire. Nos stagiaires
habitent souvent loin des sites IUFM et les transports, en banlieue
parisienne, sont une lourde contrainte. Un concert ou une conférence
organisés en fin de journée se dérouleront invariablement dans un
amphithéâtre vide. Aussi organisons nous la plupart de ces actions sur
le créneau de midi (12h00-13h00) en adaptant les horaires d’ouverture
de la cantine et l’horaire de reprise des cours de l’après-midi.
Autre
type de manifestation dans les lieux « publics » de l’IUFM : les
expositions. Des expositions sur l’histoire de l’enseignement des
sciences, sur la littérature de jeunesse tournent régulièrement dans
les sites de formation. Nous avons même pu par le passé exposer des
œuvres du musée du quai Branly. Nous en sommes particulièrement fiers
car c’était la première fois que les œuvres d’une collection nationale
étaient exposées dans un établissement d’enseignement, ce qui avait
supposé l’accord de la Direction des musées de France !
Dans le même
esprit consistant à placer au quotidien des objets de réflexion sous
les yeux des stagiaires, la mission a souscrit pour chaque site de
formation des abonnements aux principaux titres de la presse
quotidienne française - Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, Libération,
L’Humanité - ainsi qu’à l’International Herald Tribune. Certes,
certains de ces titres peuvent déjà être présents dans les centres de
ressources documentaires de l’IUFM mais la démarche est ici différente
: ces quotidiens sont en effet mis à disposition dans des lieux de
passage, cafétérias par exemple. Il s’agit de favoriser une approche
plurielle et critique de l’actualité et de la presse quotidienne
écrite -de moins en moins lue par les nouveaux enseignants...- et de
susciter la discussion. L’objectif est ici autant civique
qu’informatif.
En effet, en complément de ce panorama d’actions que je viens de
dresser, il est nécessaire de parler de ces documents qui en
constituent un élément stratégique important. J’accompagne la plupart
des actions de la mission par l’édition d’un document de
communication. Il s’agit souvent d’un livret de quelques pages,
élaboré avec le partenaire concerné, qui explicite la raison et la
nature du partenariat et annonce l’événement. La plupart du temps, un
formateur du domaine concerné y inclut un article de réflexion
pédagogique ou traçant des pistes d’utilisation en classe. Ce document
devient donc un support pédagogique et facilite l’intégration de
l’événement dans la formation. Il est mis en ligne sur le
site Web de l’IUFM et est également imprimé.
J’accorde d’ailleurs une
importance capitale à la qualité formelle de cet imprimé, à
l’illustration, à la mise en page, à la qualité du papier et de
l’impression. Cette attention ne relève pas de la nostalgie du papier
ou d’une vaine volonté de paraître, j’y vois plusieurs avantages bien
réels. D’abord je constate que le livret imprimé, distribué
directement à tous les stagiaires et formateurs du site de formation
concerné, les incite plus fortement que le seul message électronique à
participer à l’événement. Je sais aussi que ce livret est davantage
conservé par les stagiaires et que son contenu pédagogique demeure
donc plus longuement dans leur documentation. De plus ce livret, qui
est largement diffusé hors de l’IUFM y véhicule une image très
positive de l’Institut.
Il constitue ainsi vis-à-vis de nos
partenaires un indéniable gage de valorisation du partenariat donc une
incitation à le prolonger, le développer, l’enrichir... et il ne
manque pas de susciter l’intérêt de nouvelles structures artistiques
et culturelles désireuses de s’associer à notre politique.
Rubrique Partenariats artistiques et culturels du site Internet de l'IUFM de l'académie de Créteil
L'art et la culture dans les IUFM
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