
Une enquête vient d’être menée au sein des IUFM afin d’analyser les effets de l’introduction du stage filé sur les mobilités internationales des professeurs des écoles stagiaires (PE2). Les résultats de cette enquête ont été présentés aux responsables des relations internationales des IUFM lors d’une réunion nationale organisée par la CDIUFM à Paris le 14 mars 2007.
La circulaire du 23 août 2006, qui met en place le stage filé, prévoit la possibilité pour les professeurs stagiaires d’effectuer une partie de leur stage à l’étranger :
« L’évolution du stage en responsabilité des professeurs des écoles suppose de la part des rectorats une certaine souplesse quant à sa mise en œuvre. Il convient en effet de préserver la cohérence de la formation et, pour cela, de réserver la possibilité d’adapter cette nouvelle mesure aux réalités locales, aux projets de formation spécifiques (il importe par exemple que soit maintenue la possibilité pour un professeur stagiaire d’effectuer une partie de son stage à l’étranger) ».
Cependant, quels que soient les termes de cette circulaire, l’enquête montre que, dans la mise en œuvre, les actions menées par les services de relations internationales des IUFM ont connu des difficultés liées à la nouvelle donne induite par l’introduction du stage filé.
Malgré la nouvelle situation, la mobilité des professeurs des écoles stagiaires (PE2) serait restée plus importante que celle de leurs homologues du secondaire : les PE2 bénéficieraient toujours d’une forte mobilité (74% de la mobilité sortante globale). Cependant, les mobilités sortantes PE2 auraient diminué d’environ 25 % : certains stages, comme les stages de formation croisée franco-britannique, ont été protégés alors que d’autres, tels que les stages longs de type Erasmus, ont souffert d’une forte baisse.

Concernant les causes d’une baisse de la mobilité dans ce nouveau contexte, celles citées le plus souvent par les IUFM sont l’autocensure des professeurs stagiaires (expliquée entre autres par un surcroît de travail), le manque de possibilité de remplacement (notamment pour les stages longs), la disparition d'un stage groupé de 3 semaines et donc d'un espace de possibilité de formation continue puis la non reconnaissance du stage à l'étranger comme partie intégrante de la formation initiale.
Dès le printemps 2006 et l’annonce de la mise en place du stage filé à la rentrée 2006, les services des relations internationales et les équipes de direction des IUFM ont entrevu d’éventuelles difficultés concernant l’organisation des stages à l’étranger.
C’est pourquoi, un grand nombre d’IUFM (90% des IUFM participant à l’enquête) a anticipé ces difficultés et engagé diverses démarches pour pallier à tout éventuel problème : négociations avec les Inspections académiques et le Rectorat, accompagnées d’un travail de fond en interne à l’IUFM, travail mené avec les partenaires étrangers pour adapter les stages aux nouvelles modalités, réorientation de la structuration des mobilités, etc.
Des aménagements de différentes natures, afin de s’adapter aux contraintes générales et locales, ont également été mis en place par les IUFM. Certains aménagements ont permis de maintenir un certain taux de mobilité : rattrapage des journées d'absence du stage filé, changement de période de stage, réduction de la durée des stages, etc. D’autres aménagements ont permis aux IUFM de maintenir une partie de leurs partenariats au détriment d’autres aspects : annulation de certains départs initialement prévus avec ou non application de numerus clausus, abandon de partenariats anciens ou programmés pour cette année, abandons de partenariats situés à des périodes délicates (par exemple au second semestre), etc.
L’enquête montre que l’inquiétude partagée par de nombreux IUFM quant aux conséquences de la mise en place du stage filé sur les mobilités internationales PE2 a été contrebalancée par un travail de fond d’anticipation et d’adaptation.
L’expérience de cette première année permettra, à n’en pas douter, des ajustements plus précis et à plus long terme dès l’année prochaine.
Il faudra conviendra cependant de rester vigilants afin de conserver la diversité des possibilités de stages à l’étranger, des modalités de formation et des partenaires. Un réel travail de valorisation en interne et en externe devra être mené afin que le stage à l’étranger soit considéré comme il le mérite, dans le contexte favorable de l’ouverture de plus en plus importante à l’Europe et à l’international.
Le texte intégral de l’enquête est disponible pour les personnels IUFM auprès de la CDIUFM.