Dans le cadre de leur mission de suivi permanent de la politique éducative, l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR) et l'inspection générale de l'éducation nationale (IGEN), ont remis au ministre de l'éducation, en mars 2007, un rapport relatif au « stage en responsabilité dans la formation initiale des professeurs ».
Ce rapport est désormais consultable en ligne sur le site Internet du ministère de l'éducation nationale.
Il a été élaboré à partir des analyses et des observations recueillies lors d'entretiens et de rencontres menées depuis le 1er septembre 2006 au niveau national, académique et départemental. Ces entretiens ont permis de prendre en compte les positions des cadres institutionnels (directions ministérielles, CDIUFM, recteurs, inspecteurs d'académie, etc.) et des interlocuteurs locaux (formateurs IUFM, chefs d'établissement d'accueil) mais également les retours d'expérience de professeurs stagiaires (des premier et second degrés).

Crédit photo : IUFM de
l'académie de Lyon
A la rentrée 2006-2007, pour la première fois, les professeurs des écoles stagiaires ont effectué l'un de leurs stages en responsabilité sous forme de « stage filé », ce qui a consisté à prendre en charge une classe, à raison d'un jour par semaine, tout au long de l'année scolaire.
Cette innovation modifie profondément, selon les auteurs de cette étude, l'organisation et le contenu de la formation initiale des professeurs des écoles. Elle a impliqué une grande réactivité de la part des autorités administratives pour repérer des classes d'accueil possibles, y affecter dès la rentrée des PE2 venant juste d'être recrutés par voie de concours et leur proposer dans les IUFM une formation adaptée aux réalités de ce nouveau mode de stage.
Le rapport évoque sur ce point un « véritable défi » relevé par l'administration, eu égard à la date de publication de la circulaire (Circulaire n°2006-130 du 23 août 2006 paru au BO n°31 du 31 août 2006).
Il apparaît cependant que, dans certains cas, le choix des classes d’affectation a davantage répondu à un impératif administratif ou à une opportunité locale qu’à une logique de formation. La question du suivi au sein de l’école se pose alors, selon les auteurs du rapport, en ces termes: "Comment une école sans formateur institutionnel peut-elle constituer, néanmoins, un lieu de formation ?".
Le rapport indique que le stage en responsabilité, au cours duquel le stage filé joue un rôle majeur, répond à « un réel souci de formation » de la part des formateurs IUFM et à une « authentique attente des PE2 ».
Les stagiaires interrogés appelleraient cependant à une amélioration des conditions dans lesquelles ce stage se réalise. Leurs principales critiques portent sur la trop grande charge de travail, le manque de formation en amont de leur prise de fonction, le manque de véritable échange avec le titulaire de la classe, la difficulté à identifier la nature des visites des formateurs (visites de conseil ou d'évaluation) et le caractère parfois trop formaliste de ces visites excessivement ciblées sur la qualité des préparations au détriment des réalisations.
Dans le prolongement des analyses tirées de leurs entretiens avec ces divers acteurs de l'Éducation nationale, les auteurs du rapport préconisent certains aménagements pour améliorer le dispositif :

Crédit photo :
C. Lucas,DELCOM
Le rapport souligne que les stagiaires du second degré interrogés plébiscitent le stage en responsabilité comme vecteur significatif de formation et jugent très utile la formation disciplinaire proposée par l'IUFM en appui de ce stage, « d'autant qu'elle est assurée par des formateurs qui gardent un lien étroit avec l'enseignement devant les élèves ». Le stage en responsabilité est notamment perçu comme point d'ancrage privilégié du mémoire professionnel.
Le rôle des enseignants titulaires chargés de les accueillir dans leur établissement d'exercice est évoqué comme particulièrement important aux yeux des stagiaires (l'observation des séances du titulaire suscite notamment leur intérêt). Initialement appelés « conseillers pédagogiques », ces enseignants viennent de changer de titre pour devenir des « professeurs tuteurs » avec le cahier des charges.
Pour améliorer le dispositif, les inspections générales proposent plusieurs pistes de réflexion, visant à renforcer l'efficacité de l'établissement d'accueil dans son rôle de formation :
Le rapport souligne également la nécessité de rechercher une solution administrative afin de permettre à l'IUFM de préparer les stagiaires à leur prise de fonction, soit en les réunissant officiellement avant la prérentrée soit en reportant la prise en main des classes.
Le rapport conclut en indiquant qu'un parcours de formation d'un type nouveau va devoir être conçu pour répondre aux exigences du cahier des charges, qui prévoit notamment l'augmentation des obligations horaires de service des stagiaires du second degré et le prolongement de la formation initiale de l'ensemble des stagiaires pendant les deux années suivant la titularisation.
Les difficultés de gestion liées à la mise en œuvre de ces changements préconisés par le cahier des charges font l'objet d'une large évocation dans les pages finales. S'agissant par exemple du second degré, le choix d'un volume hebdomadaire porté à 8 heures est évoqué comme un facteur de blocage alors qu'un volume de 9 heures (correspondant à un demi poste) aurait été plus adapté.
Enfin, soulignant les inquiétudes partagées par les stagiaires et les formateurs face aux difficultés d'équilibrage entre des stages en responsabilité renforcés et une formation à l'IUFM dont le volume reste sensiblement constant, les auteurs invitent à déplacer un nombre plus important d'heures de formation vers la première année de titularisation (année dite de T1).